Italia mia

En 1982, Platini quitte Saint-etienne pour la Juventus de Turin. A l'époque, la chose surprend. L'expatriation n'est pas encore entrée dans les moeurs comme en cette fin des années 90, ou les 3/4 des membres de l'équipe de France évoluent dans des clubs espagnols, anglais, allemands ou italiens. Les motivations de Platini? L'argent, évidemment. à Saint-Etienne, il touche environ 160 000 F mensuels et cela fait déjà tousser. A Turin, la Juventus lui vers 300 000 F de salaire. Puis ira même jusqu'à 600 000 F quand il dépassera la 30aine et s'apprêtera à prendre sa retraite. Mais cela n'a rien à voir avec les 2 millions de F mensuels que touche aujourd'hui Ronaldo, 21 ans, à l'Inter de Milan. Surtout, le salaire n'explique pas tout. Avant d'être soucieux de ses affaires, Platini est joueur dans l'âme. Au foot comme aux cartes, ce parieur aime tenter le diable.

L'Italie lui permet de donner sa mesure et va lui faire le plus grand bien. Le petit provincial mal à l'aise en société, ombrageux avec les médias, peu assuré de son capital de séduction, va se métamorphoser. En Italie, il apprend à s'habiller chez les bons faiseurs, à faire rire la presse, à discuter d'égal à égal avec des chefs d'entreprises comme Gianni. Grâce à la puissance de cette dernière, il prend une envergure mondiale. Il devient l'alter ego de Pelé le Brésilien, de Maradona l'Argentin, de Cruyff le Néerlandais. Il devint l'un des Français les plus connus dans le monde. Et 10 ans après sa retraite, en 1997, il éclipsera encore Jacques Chirac, le président de la République, lors d'un voyage officiel en Amérique latine où l'Elysée l'avait convié en tant que coprésident du Mondial France 1998.

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