L'art du coup franc

Pourtant, on le remarque. En 1976, il entre sans angoisse ni fracas en équipe de France. Alors que les Brésiliens Pelé ou Ronaldo ont débuté en équipe nationale à 17 ans. Platini, lui, a attendu ses 21 ans pour enfiler le maillot frappé du coq tricolore. Mais il s'impose à sa façon. Le 27 mars 1976, lors de son 1er match avec les Bleus contre la Tchécoslovaquie, l'arbitre siffle un coup franc à la 73e minute. Henri Michel s'avance pour tirer. PLatini, avec l'aplomb du gamin sûr de lui, lance à son capitaine "laisse!" Il tire... et marque! Son 1er grand oeuvre, il l'accomplit le 8 février 1978 à Naples, face à l'Italie, la patrize de ses ancêtres. Il séduit déjà son monde grâce à son arme favorite: l'art du coup franc.

- Il tire et marque sur coup franc mais l'arbiture estime que, trop pressé, il n'a pas attendu son coup de siffler. Le but est annulé.

- 2e coup franc, Platini place son ballon dans le coin droit du but. Pour l'arbitre espagnol Martinez, ce n'est pas encore ça. Le "mur des défenseurs n'était pas à distance réglementaire. Il faut recommencer.

- Sans s'énerver, Platini s'élance à nouveau et place cette fois son ballon dans la "lucarne gauche". Du jamais vu! La légende est sur des rails.

Mais la starisation n'est pas encore ce qu'elle deviendra à la fin des années 80. Les exploits de joueurs de foot des années 70 ne provoquent aucune surexposition médiatique. Ils peuvent continuer à vivre tranquilles et heureux. Ils restent attachés à leur club, ne multiplient pas les transferts, se méfient des imprésarios. Les présidents de club les traitent avec paternalisme et leur servent des salaires extrêmement raisonnables. Eux peuvent bien cultivér quelques complexes d'infériorité, ils ont tout loisir de vivre leur métier comme un jeu.

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