L'immaturité physique

Entraîneur de foot. Aldo couve avec tendresse la mon,omanie de Michel. Il adore lui transmettre son savoir et mettre en équations ses facilités, lui enseignant courbes et trajectoires de tirs. Seul problème, le jeune fondu de foot grandit tardivement et manifeste une réelle défiance envers l'effort physique. Pour lui, c'est le ballon qui doit aller vite, par l'homme. Les footings l'ennuient, courir après autre chose qu'un ballon lui semble inintéressant. malgré son aisance technique, Platini adolescent ne tape donc pas l'oeil des recruteurs. Il passe au travers de toutes les sélections de jeunes. Contacté par le FC Metz, le jeune Nancéien vient se soumettre aux tests médicaux obligatoires. Il embouche le spiromètre, un appareil censé mesurer sa capacité pulmonaire. Il prend sa respiration, s'époumone et fait à peine bouger l'aiguille. Le trac? une erreur de manipulation? un réel de souffle? En tout cas, les médecins le renvoient à ses pénibles études. Car dans le foot français des années 70, la mode est de sélectionner des athlètes et non des artistes, des marathoniens bosegneux et non des dilettantes doués. L'argument? Le footballeur bleu-blanc-rouge serait fragile, fainéant, fébrile. Il faudrer le muscler, le durcir, en faire un guerrier. Cet ostracisme ridicule va conduire les clubs français à recruter des costauds sans génie, mais va permettre à Platini de grandir en liberté et de cultiver sa différence. s'il était entré dans le moule des centres de formations, il aurait peut-être standardisé son talent. Là, il s'épanouit dans un cadre damilial préservé, continue à chahuter avec les copains et fait ses classes paisiblement en 2e division au sein de l'AS Nancy-Lorraine.

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