Le capitaine des Bleus

Platini, le jeune homme "vert", s'en tire convenablement. Mais l'ASSE est en léger retrait par rapport à ses grandes années. Platini se voit reprocher sa fausse lenteur, cette impression d'indolence qu'il dégage, parce qu'il n'est pas du genre à serrer les poings, à montrer les dents. De plus, des difficultés au sein de son couple, dont le public fait des gorges chaudes, perturbent son séjour dans le Forez. Heureusement, sa vie en "bleu" lui est douce. En équipe de France, Platini rayonne. Sa vista (vision panoramique) et sa ruse, sa clairvoyance et sa malice permettent à la France de réapparaître sur la scène mondiale. Sous sa houlette, les Tricolores ne manquent aucun rendez-vous majeur et démodent enfin les grands anciens, l'équipe des Raymond Kopa, des Just Fontaine, des Roger Piantoni, qui avait fini 3e du Mondial 1958 en Suède. Avec Platini, les "Bleus" terminent 4es du Mondial 82 (Espagne) et 3es du Mondial 86 (Mexique) après des matchs homériques. Et surtout, ils remportent, contre l'Espagne, le championnat d'Europe des Nations organisé en France en 1984, 1re victoire dans une compétition d'envergure.

En sélection, Platini impose sa griffe. Avec l'assentiment de Michel Hidalgo, entraîneur intelligent et humaniste, le numéro 10 pilote le jeu. Il donne son avis pour la composition de l'équipe, élabore la tactique, la met en oeuvre, la modifie s'il y a lieu. A son contact, ses partenaires élèvent le niveau de leur prestation. Il devient l'inspirateur d'un milieu de terrain qui fait des envieux. Ce "carré magique" se compose de Jean Tigana, lutin ratisseur de ballons, de Luis Fernandez, aboyeur colmateur de brèches, d'Alain Giresse, petit stratège de l'ombre, et de Michel Platini, décontracté chef de guerre.

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