Le numéro 10

Sous les ordresz de Robert Herbin, l'entraîneur surnommé le "Sphinx" pour ses silences furieux, Platini élargit son registre. Il continue d'affiner ses dribbles enchaînés toujours orientés vers le but, de soigner ses ouvertures au long cours qui savent trouver un partenaire démarqué, de réviser ses diagnonales, ses transversales, ses parallèles qui font de lui un meneur de jeu comme la France n'en a pas connu depuis des années. mais il apprend aussi à défendre, à se replier pour récupérer les ballons et à les remonter au mieux. Platini gagne en ampleur et devient un numéro 10 majeur. Il est cet organisateur du jeu, ce maître de manoeuvre et de cérémonie sans lequel il n'est pas de grandes équipes. Mieux, Platini possède une arme secrète: ses coups francs. dans le foot des années 80, les défenseurs ont pris une grande importance. Vigoureux et compétents, ils savent verrouiller les offensives des attaquants et réduire le nombre de buts. lexaistes, les règlements favorisent leurs entreprises de destruction (tacles, cisaillsages, tirages de maillots...). Résultat? La différence se fait principalement sur coups de pied arrêtés. Le coup franc, qui sanctionne une faute adverse et qui se frappe à une 20aine de mètres des buts, devient un moment crucial. Le genre est difficile: il faut à la fois transpercer le "mur" que constituent les adversaires massés devant le tireur et prendre de surprise le gardien qui, dans ses buts, veille au gain. Platini a le chic pour mettre de l'effet dans son ballon afinj de contourner le "mur" et de piéger le goal. Il a aussi l'art et la manière de réussir ses meilleurs coups au moment crucial, quand son équipe en a besoin. Un meneur de jeu ne devient crédible que s'il sait se faire homme providentiel.

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