Le traumatisme de Heysel

Mais c'est aussi avec la Juventus que Platini va perdre son insouciance. Il va découvrir que le football provoque des passions néfastes et funèbres, et que tout ne peut toujours être pris à la rigolade. En 1985, Turin affronte Liverpool en finale de coupe d'Europe sur fond de hooliganisme. Ce phénomène de violence autour du ballon rond s'explioque sans doute par le fait que le foot est devenu un substitut aux guerres d'antan, mais aussi par la désespérance sociale grandissante qui pousse à l'identification folle avec les clubs. Le match se déroule à Bruxelles, au stade du Heysel. Pendant la journée, les supporteurs des 2 camps se sont affrontés dans la villes. Dans le stade, les échauffourées se poursuivent. Moouvements de foules, grilles qui cèdent, piétinements. 39 morts! Les joueurs sont choqués. Incrédubilité et inconséquence se mélangent. Retardé, le match se déroule pourtant. Platini marque même le but de la victoire sur penalty et esquisse un geste de joie incongru. mais ce réflexe circonstanciel va vite céder le pas à une noire mélancolie. Le joueur de tarot et de belote, le lève-tôt qui aime le risotto à la tomate et le champagne, le père attentif de Laurent et Marine, le fumeur honteux de PEter Stuyvesant, le citoyen individualiste et distancié qui promettait de voter pour celui qui ferait passer ses impôts de "70 % à 35 %", le conducteur pépère des plus belles Ferrari, l'intervieweur surprise de Marguerite Duras qui avoue ne lire que l'Equipe, les pages Bourse du Figaro et de rares Agatha christie réalise que la vie est autre chose qu'une partie de plaisir. Il se rend compte qu'on peut mourir de foot quand lui s'en régale sans cesse.

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