Les copains de Nancy

Platini y prend de l'étoffe en toute tranquillité. Dans ce club au passé glorieux mais aux finances réduites, on évite de recruter des grands nombs et on fait appel aux jeunes du Crû. C'est ainsi que, à moins de 20 ans, Platini occupe un poste névralgique, celui de meneur de jeu. Dans une équipe plus fortunée, il auraît sûrement été barré par un chef de rang plus huppé. Il aurait dû patienter en équipe réserve, changer de fonction pour se couler dans le schéma tactique. Là, il en fait à sa guise. Il se régale de une-deux, de faux appels de balles, de passes à l'aveugle. Il ose tout parce que persone ne l'enserre dans le carcan de l'obligation de résultats, des consignes tactiques. Il ose tout parce que personne ne lui reproche de se tromper.

A Nancy, l'impertinence de son jeu de temps de mûrir, ses dribbles et ses transversales ont le temps de se bonifier. Il perfectionne son art du coup franc en faisant construire des mannequins grandeur nature, qu'il dispose en mur devant le but de son ami Moutiers et s'entraîne à lober. Avec des types de son âge comme Olivier Rouyer, Philippe Jeannol et Lean-Michel Moutiers qui ne s'en font pas plus que lui, il évolue dans une ambiance idéale.Il a beau se marier à 22 ans et en noeud papillon avec Christelle, étudiante en sciences économiques originaire de la région mais étrangère au monde du foot, il reste un joyeux chenapan. C'est le temps des copains, des lits en portefeuille, des bagarres de polochons, des paris avec diabolo grenadine pour seul enjeu.

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